Changer la forme juridique de la société : enjeux et démarches à suivre

La modification de la forme juridique d’une société est une décision stratégique qui peut avoir des implications importantes sur son fonctionnement, sa fiscalité et sa gouvernance. Dans cet article, nous vous expliquons les enjeux de cette démarche et comment la mettre en œuvre avec succès.

Les raisons pour changer la forme juridique d’une société

Plusieurs raisons peuvent motiver le changement de la forme juridique d’une société. Parmi les plus courantes, on trouve :

  • L’optimisation fiscale : certaines formes de sociétés bénéficient d’un régime fiscal plus avantageux que d’autres. Par exemple, les sociétés par actions simplifiées (SAS) sont soumises à l’impôt sur les sociétés (IS), tandis que les entreprises individuelles sont soumises à l’impôt sur le revenu (IR).
  • La protection du patrimoine personnel des associés : certaines structures offrent une meilleure protection du patrimoine personnel des associés que d’autres. Par exemple, dans une SAS, les associés ne sont responsables des dettes sociales qu’à hauteur de leurs apports, tandis que dans une entreprise individuelle, l’entrepreneur est responsable indéfiniment et solidairement des dettes professionnelles.
  • La facilitation de l’accès aux financements : certaines formes de sociétés facilitent davantage l’accès aux financements bancaires ou à l’investissement en capital, en raison de leur structure juridique et de leur mode de gouvernance.
  • La simplification de la gestion administrative : certaines structures sont plus simples à gérer administrativement que d’autres, notamment en ce qui concerne les formalités de création et de dissolution, ainsi que les obligations comptables et fiscales.
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Les étapes clés du changement de forme juridique

Le processus de changement de la forme juridique d’une société est généralement structuré en plusieurs étapes :

  1. La consultation d’un avocat ou d’un expert-comptable pour évaluer les implications juridiques, fiscales et administratives du changement, ainsi que pour obtenir des conseils sur la forme juridique la mieux adaptée aux besoins spécifiques de l’entreprise.
  2. L’organisation d’une assemblée générale extraordinaire (AGE) des associés pour approuver le changement de forme juridique. Cette AGE doit réunir au moins les deux tiers des voix des associés présents ou représentés. Elle doit également être convoquée au moins 15 jours avant la date prévue pour la réunion.
  3. La rédaction d’un procès-verbal (PV) constatant l’accord des associés sur le changement de forme juridique et précisant les modalités pratiques de ce changement (par exemple, le montant du capital social, le nombre d’actions émises, les droits et obligations des actionnaires).
  4. La modification des statuts pour refléter le changement de forme juridique. Cette modification doit être effectuée par un acte notarié ou sous seing privé.
  5. La publication d’un avis de modification dans un journal d’annonces légales (JAL) pour informer les tiers de la nouvelle forme juridique de la société. Cet avis doit être publié dans le mois qui suit l’AGE.
  6. Le dépôt du dossier de modification au greffe du tribunal de commerce compétent, comprenant notamment le PV d’AGE, les nouveaux statuts et l’extrait Kbis à jour. Ce dépôt doit être effectué dans le mois qui suit la publication de l’avis au JAL.

Les conséquences du changement de forme juridique

Le changement de forme juridique d’une société peut avoir plusieurs conséquences importantes sur son fonctionnement :

  • La modification des règles de gouvernance : certaines formes juridiques imposent des règles spécifiques en matière de gouvernance (par exemple, la présence d’un conseil d’administration ou d’un président-directeur général). Le changement de forme juridique peut donc entraîner une réorganisation de la gouvernance et une redistribution des pouvoirs entre les associés.
  • La modification du régime fiscal : comme évoqué précédemment, certaines formes juridiques bénéficient d’un régime fiscal plus avantageux que d’autres. Le changement de forme juridique peut donc entraîner une modification du régime fiscal applicable à la société, avec des conséquences sur sa rentabilité et sa trésorerie.
  • L’éventuelle requalification des contrats en cours : dans certains cas, le changement de forme juridique peut entraîner la requalification des contrats en cours, notamment lorsque ces contrats sont conclus avec des tiers (fournisseurs, clients) qui ne sont pas informés du changement de forme juridique. Il est donc important d’informer ces tiers dans les meilleurs délais et de prévoir, le cas échéant, des avenants aux contrats en cours pour prendre en compte la nouvelle forme juridique.
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Dans tous les cas, il est essentiel de se faire accompagner par un avocat ou un expert-comptable pour s’assurer que le changement de forme juridique est réalisé dans le respect des règles légales et réglementaires applicables, et pour anticiper au mieux les conséquences de ce changement sur l’entreprise.

Le changement de la forme juridique d’une société peut être une décision stratégique importante pour optimiser sa fiscalité, protéger le patrimoine personnel des associés ou faciliter l’accès aux financements. Ce processus implique plusieurs étapes clés, comme la consultation d’un avocat ou d’un expert-comptable, l’organisation d’une assemblée générale extraordinaire des associés, la modification des statuts et le dépôt du dossier de modification au greffe du tribunal de commerce. Les conséquences du changement de forme juridique peuvent être significatives en matière de gouvernance, fiscalité et contrat. Il convient donc d’être bien accompagné pour mener à bien cette démarche et en tirer les bénéfices attendus.